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Interview avec ABONGTEOU KABDANA

Informations sur l'interviewé

  • Nom et Prénom : ABONGTEOU KABDANA
  • Institution : Institut National Supérieur de l’Élevage de Moussoro (INSEM)
  • Fonction : Chef de Département intérimaire de Faune et Gestion des Aires protégées
  • Ancienneté dans le poste : 2 ans
  • Ville : Moussoro
  • Type d’Établissement : Public
  • Type d'interviewé : Diagnostic des réalités du terrain, l'accompagnement direct des étudiants et le suivi des anciens étudiants.
  • Enquêteur : DJIKOLMBAYE DJIBÉ (Osée), Consultant, Expert en Orientation et Insertion Professionnelle

Je me présente, M. Djikolmbaye Djibé, d'Ibée-Ausée. J'ai d'abord effectué des études de base en philosophie, puis je me suis reconverti en sciences sociales pour me spécialiser dans les questions d'orientation en sciences de l'éducation.

Pour l'orientation et l'insertion professionnelle, j'ai commencé avec le master. Actuellement, je prépare une thèse en cours. Dans ce cadre, la dernière fois que j'ai travaillé ici, c'est là que j'ai fait la connaissance de M. Faki.

Le cadre qui nous réunit aujourd'hui s'inscrit dans le projet d'appui à la professionnalisation de l'enseignement supérieur, co-géré et co-initié par le ministère de l'Enseignement supérieur et l'ambassade de France. La plateforme est déjà fonctionnelle et a été officiellement lancée en novembre de l'année dernière. Les ressources sont disponibles et accessibles, ce qui rend le projet opérationnel. Cependant, ce projet comprend plusieurs volets, dont le volet 12, ou action 12, qui consiste à mettre en place des cellules d'aide à l'orientation et à l'insertion dans les établissements bénéficiaires.

Dans ce cadre, je suis désigné pour assurer la collecte de données afin de permettre la mise en place de ces cellules. Cela permettra d'évaluer les réalités de chaque institution et de déterminer comment ces cellules pourront être opérationnelles. C'est pourquoi je suis parmi vous depuis hier. Notre rencontre ici est importante, car vous êtes le chef de département et vous gérez l'institution de manière opérationnelle. Nous allons ensemble diagnostiquer la réalité du terrain, voir comment vous accompagnez directement les étudiants et assurez le suivi des anciens.

Donc votre département, qui n'est pas précisé ici, pourrait être ajouté.

En fait, je me suis avancé jusqu'au Cap d'Anan. À l'origine, je suis ingénieur agronome. J'ai commencé ma carrière en intégrant le ministère de l'Agriculture, où j'ai travaillé pendant sept ans à la Sahel-de-Lac. Ensuite, j'ai obtenu une bourse pour poursuivre un master.

J'ai donc obtenu un master spécialisé, puis j'ai eu l'opportunité de travailler au ministère du Plan, plus précisément à la direction de la planification. Je suis arrivé ici, je pense, en 2021. Je ne suis pas le chef de département titulaire, mais j'assure l'intérim à la tête du département de Faune et Gestion des Aires protégées.

Avec les étudiants, je suppose que vous avez de nombreux contacts, même après leur formation.

Oui, effectivement. Nous restons en contact avec les étudiants même après la fin de leur formation. Notre quotidien consiste principalement en des activités de planification et d'élaboration de plannings, c'est-à-dire en gestion opérationnelle.

Nous sommes peu nombreux dans notre département, et nous faisons souvent appel à des enseignants vacataires. Le département de Faune et Gestion des Aires protégées est un département récemment créé. Je pense que la première promotion est actuellement en deuxième année.

Il y a donc beaucoup plus de vacataires qui viennent renforcer nos cours, car ici, les enseignants sont majoritairement des vétérinaires. Dans ma spécialité, je suis le seul. Il y a beaucoup plus de vétérinaires et d'autres profils, donc nous faisons souvent appel à des vacataires.

Comme vous l'avez mentionné, concernant le département de Faune et Gestion des Aires protégées, comment est venue l'idée de créer ce département ? Y a-t-il eu une demande exprimée ou une nécessité d'ouvrir ce département pour qu'aujourd'hui, en deuxième année déjà, la formation soit en cours ? Et à quoi seront destinés les étudiants qui sortiront de cette filière ?

Avant la création du département, il y a eu des échanges avec certains responsables du ministère de l'Environnement. Les acteurs ont constaté que les techniciens spécialisés dans le domaine de la faune étaient peu nombreux.

Nous avons déjà un département d'Aménagement et d'Aménagement écologique, qui est similaire mais présente quelques différences. Dès la première année, les étudiants suivent un tronc commun. Lorsqu'ils termineront leur formation, ils seront chargés de la gestion des aires protégées.

L'année dernière, j'ai eu des échanges directs avec le ministère de l'Environnement. Celui-ci m'a indiqué qu'il existe de nombreuses opportunités, notamment dans les parcs nationaux, où il manque du personnel qualifié. Je pense donc qu'à l'issue de la formation, il y aura de nombreuses opportunités pour les étudiants.

D'accord. Il s'agit donc d'un plan d'insertion professionnelle qui est en train d'être élaboré pour eux, d'autant plus que cette formation débute également.

Certains étudiants viennent probablement vous voir pour exprimer leurs préoccupations concernant leur avenir. Comment se déroulent ces échanges lorsqu'un étudiant vous consulte ?

En réalité, de nombreux étudiants, même ceux qui suivent la formation, ne savent pas ce qu'ils deviendront une fois leur formation terminée. Personnellement, je leur indique qu'il existe de nombreuses opportunités, notamment au ministère de l'Environnement, où les personnes chargées de la gestion des parcs nationaux sont souvent peu qualifiées.

J'ai même informé les étudiants que l'organisation African Parks, une ONG internationale spécialisée dans la gestion des aires protégées, a lancé un appel à candidatures pour recruter des profils qualifiés dans ce domaine, mais n'a pas trouvé de candidats correspondant aux critères. Je leur dis cela pour les motiver à suivre la formation avec sérieux, car elle pourrait leur offrir de réelles opportunités professionnelles.

Vous avez évoqué l'absence de dispositifs d'orientation ou d'insertion au niveau des parents. Actuellement, il n'y a pas encore d'étudiants diplômés, donc ce contact n'a pas encore été établi. Cela ne pose pas de problème, mais quel regard portez-vous sur la réalité du terrain ?

Vous avez mentionné que ces jeunes arrivent sans savoir où ils vont. Quel est votre avis sur la préparation de vos étudiants aux exigences liées à leur formation et au monde rural ? Est-ce que vous abordez avec eux les défis, les risques et les méthodes de travail dans le domaine de la faune et des aires protégées ?

Oui, j'aborde souvent ces sujets avec eux. Avec certains étudiants, je leur explique clairement que dans le domaine de la faune, notamment pour travailler dans les parcs, il faut être prêt à affronter des situations difficiles. Certains étudiants, que je qualifierais de « particuliers », pensent pouvoir travailler dans les parcs sans en mesurer les risques.

Je leur explique que ce travail comporte des dangers, notamment en raison de la présence d'animaux sauvages. C'est pourquoi j'ai l'habitude d'échanger avec eux sur ces aspects.

Comme vous l'avez souligné, il existe un manque criant de professionnels pour intervenir dans ce département, et les vacataires sont très sollicités. Par exemple, à Moussoro, existe-t-il des professionnels qui pourraient intervenir ?

À Moussoro, au début, comme je dirige ce département par intérim, je collabore souvent avec l'Inspection. J'ai eu l'occasion d'échanger avec le délégué régional de l'Environnement ici. Nous nous sommes rencontrés à Bol, où il travaillait auparavant à la délégation du ministère de l'Agriculture, à l'époque où les ministères étaient fusionnés.

Par hasard, nous nous sommes retrouvés chez le gouverneur, et nous avons échangé. Je lui ai proposé de nous aider en tant que professionnel, car notre département traite de sujets relevant de son domaine. Cependant, il n'a pas le niveau master requis pour enseigner.

Nous exigeons un master pour enseigner, mais pour des matières accessoires comme l'anglais, nous n'avons pas besoin d'un enseignant titulaire d'un doctorat. Par exemple, un enseignant du lycée vient enseigner l'anglais ici.

Comme vous l'avez mentionné, pour enseigner, il faut avoir un master. Cependant, dans ce contexte, nous parlons de l'intervention des professionnels. Ce professionnel possède les compétences et peut partager son expérience de terrain, ce qu'un enseignant, même titulaire d'un doctorat, ne peut pas toujours faire.

Je pense qu'il serait souhaitable d'intégrer davantage l'intervention des professionnels dans les plannings. Par exemple, un professionnel pourrait intervenir pendant une ou deux heures pour partager son expérience avec les étudiants. Cela les éclairerait davantage, car il vit la réalité du terrain au quotidien.

Cela rejoint ce que j'ai vécu lors de ma formation au Conservatoire national des arts et métiers de Paris, où tous les intervenants ne sont pas des docteurs. Il y a des professionnels qui viennent dans leur domaine et dispensent des cours basés sur leur expérience de terrain. C'est un avantage, car cela permet un partage d'expérience concret.

Vous avez mentionné le stage. Les étudiants effectuent des stages à partir de la deuxième année. C'est une bonne chose d'avoir des contacts avec les professionnels sur le terrain. Cependant, l'intervention directe d'un professionnel dans l'établissement apporte une autre dimension.

Absolument. Le stage permet aux étudiants d'avoir des contacts avec les professionnels, mais l'intervention directe d'un professionnel dans l'établissement est différente. C'est pourquoi il est important de formaliser le partenariat avec le ministère de l'Environnement.

Effectivement, vous êtes dans l'enseignement supérieur, et le ministère de l'Environnement serait le principal employeur de vos étudiants. Ne serait-il pas pertinent d'envisager un partenariat plus formel entre votre institution et le ministère de l'Environnement ?

Oui, tout à fait. Actuellement, les contacts sont informels. Par exemple, l'année dernière, j'ai aidé un étudiant à trouver un stage au ministère de l'Environnement en appelant simplement le délégué régional. Celui-ci a accepté de l'accueillir.

Si nous parvenons à formaliser un partenariat, ce serait encore mieux. Les institutions perdurent, contrairement aux individus. Un partenariat établi permettrait de reconnaître officiellement le lien entre nos institutions. Ainsi, lorsque nous présenterons un étudiant au nom de ce partenariat interministériel, cela facilitera les échanges.

Par exemple, nous pourrions dire : « Dans le cadre du partenariat qui nous unit, nous souhaitons vous envoyer tel étudiant pour telle mission. Vous pouvez également nous faire part de vos besoins spécifiques pour que l'étudiant puisse y répondre. »

Nous cherchons vraiment à matérialiser et formaliser ce partenariat pour l'avenir. Car les gestes de métier enseignés en classe ne sont pas toujours les mêmes que ceux pratiqués sur le terrain. Chaque jour, les professionnels développent des compétences différentes de celles enseignées en classe. Il est donc essentiel d'intégrer l'intervention des professionnels.

Le délégué régional de l'Environnement est-il venu dispenser des cours ici ?

Oui, il est venu et a dispensé des cours pendant près de deux semaines.

Vraiment ?

Oui.

Merci beaucoup pour ces échanges. Vous avez mentionné que ce département est récent, mais il répond à un besoin spécifique exprimé par un ministère. Il est important qu'il y ait une collaboration avec le partenaire.

Cela pourrait permettre au ministère d'appuyer directement ce département ou, à l'inverse, ce département pourrait appuyer le ministère. Il y a des synergies à mutualiser qui pourraient vraiment être bénéfiques.

En tout cas, merci beaucoup pour ces échanges. Nous continuerons à travailler pour améliorer cet outil de travail. Ce n'est qu'un début, et nous construisons quelque chose pour vous aider.

Je voulais terminer en disant qu'à la suite de la mise en place de cette cellule, un autre travail plus approfondi sera engagé. Il consistera à produire un guide des métiers qui présentera les formations des établissements partenaires de ce projet.

Avant de parler de Faune et Gestion des Aires protégées, il faut définir ce que c'est et en préciser l'intérêt. Quels sont les métiers qui existent dans ce domaine ? Si l'on choisit cette formation, quelles sont les tâches associées et les opportunités offertes ?

C'est notre travail. Hier, j'ai dit que nous devons préparer le terrain d'atterrissage pour les étudiants. Ce guide des métiers sera ce terrain d'atterrissage. Il permettra aux étudiants de savoir où ils vont atterrir après leur formation.

Actuellement, un étudiant qui suit cette formation ne sait pas toujours où elle va le conduire. Ce guide lui donnera une vision claire : « Voici ton terrain, voici où tu vas atterrir, voici ce que tu dois faire. »

Ce volet supplémentaire arrivera bientôt. Peut-être d'ici là, je commencerai par vous contacter pour savoir comment nous allons procéder.

Il n'y a pas de problème, nous sommes disponibles.

C'était simplement un problème de communication qui nous a empêchés de nous rencontrer hier. Les informations n'ont pas été relayées correctement, mais cela a été corrigé.

D'accord. Je vais appeler Douai.

Merci beaucoup.

Merci à vous.

Merci beaucoup.